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Habitat : Fondations fragiles

Production insuffisante malgré les progrès réalisés lors des dernières années, prolifération des bidonvilles et autres foyers d'habitat insalubre. C'est grosso modo les conclusions de la thématique de l'habitat du "Rapport sur 50 ans de développement humain", qui relève l'inadéquation quantitative et qualitative entre l'offre et la demande en logements.

Actuellement, le Maroc est en train de subir le revers d'une situation qu'il a laissé s'empoisonner durant près de cinquante années. Le diagnostic est fait par le "Rapport sur 50 ans de développement humain", rendu public dans sa totalité samedi 28 janvier 2006 sur le site www.rdh50.ma. " La situation actuelle se caractérise par une inadaptation quantitative et qualitative entre l'offre et la demande en logements dont les expressions les plus significatives concernent le développement des bidonvilles, la progression de l'HNR et la dégradation du parc existant ", explique le rapport thématique sur la situation du logement dans le milieu urbain.

Et d'ajouter : "La production de logements est en progression mais reste insuffisante par rapport à l'évolution des besoins. Elle est le fait d'un secteur hétérogène marqué par le poids de l'informel et une faible contribution du secteur public ". Premier constat : une inadéquation entre l'offre et la demande qui va crescendo d'année en année. " La production des logements autorisés a enregistré une croissance continue au cours des dernières décennies, mais reste globalement en deçà des besoins liés à la croissance urbaine".

A commencer par les années quatre-vingts durant lesquelles le nombre de logements autorisés a été de l'ordre de 523 600 unités, alors que celui des logements effectivement réalisés n'a pas dépassé les 419.000. "Ce qui donne une moyenne annuelle de 41.900 unités au lieu de 52.360 prévues initialement", souligne le document qui, signalons-le, a été commandité par SM le Roi Mohammed VI et réalisé par une centaine d'experts, universitaires et hauts fonctionnaires sous la houlette du conseiller du Souverain Abdelaziz Meziane Belfqih. La croissance des unités de logement a connu une légère hausse dans la décennie suivante (années 90).

C'est ainsi que le nombre de logements autorisés a évolué de 54.000 unités en 1993 à 89.000 unités en 2002. " Alors que l'accroissement de la population urbaine enregistre un rythme régulier, l'évolution de la production des logements, bien qu'elle est en constante augmentation, reste sensible à la conjoncture économique et aux mécanismes des marchés au niveau local ", souligne le rapport. Second élément du diagnostic des experts du cinquantenaire : une comparaison entre les besoins annuels liés à la formation de nouveaux ménages et les logements autorisés et réellement construits.

Le résultat fait état d'une insuffisance de la production du secteur réglementaire. " Le taux de couverture des besoins se situe autour des 74 % et varie selon les contextes urbains, avec toutefois des situations isolées de surproduction. Mais globalement à l'échelle nationale, ce déficit est important et ne prend pas en compte les besoins liés à la résorption du déficit existant qui s'amplifie et qui est estimé à 1,2 million d'unités ".

Le rapport sur le cinquantenaire s'est également penché sur les acteurs impliqués dans le processus de production du logement et le rôle important du marché dans le fonctionnement global du secteur. Quatre filières ont été spécifiées : la filière promoteurs qui englobe toute entreprise organisée qui réalise l'ensemble de la commande publique de logements et une partie des logements en immeubles, la filière promoteurs-tâcherons qui réalise une part de la production de logements en immeubles, celle des auto-promoteurs-tâcherons qui réalise la quasi-totalité des habitations de type marocain et des villas et la filière auto-constructeurs-maallams qui œuvre dans l'habitat non réglementaire. " Le secteur de production du logement est inscrit dans son contexte économique et reste très sensible à l'évolution de la conjoncture. Il est marqué par le poids important des unités informelles (9/10 de l'ensemble) qui réalisent 80 % de la production aux dépens des entreprises organisées qui dans certains cas recourent à la sous-traitance ".

Place aux chiffres par la suite qui mettent en exergue l'existence en 2000 de 53.000 entreprises de construction dont 50.000 de type informel localisé ou non localisé, 1500 PME et quelques dizaines de grandes entreprises structurées. Par ailleurs, il a été souligné que les unités de production organisées sont concentrées en grande partie dans l'axe Rabat-Casablanca qui regroupe 30 % des unités.

Plus de la moitié des entreprises du secteur organisé (54,3 %) a été créé après 1990, et 54 % réalisent un chiffre d'affaires de moins de 5 millions de DH. Et à ce niveau, il a été remarqué une certaine faiblesse de la production publique qui, malgré la création des OST en 2001, ne réussit pas à couvrir la demande en logements. Cette dernière justement qui se trouve déterminée par les besoins de la croissance urbaine avec, notamment, la formation de nouveaux ménages. Un chantier, supplémentaire, pour éviter d'aller droit à la catastrophe. 


Fadoua GHANNAM

www.tamesna.net  (C)